En escarpins dans les neiges de Sibérie - KALNIETE Sandra

Couverture En escarpins dans les neiges de SibérieJuin 1941 : les autorités soviétiques, qui occupent le territoire de Lettonie depuis un an, organisent l'une des plus meurtrières vagues de répression dans le pays en déportant par convois entiers la population civile. C'est le début de l'horreur pour des dizaines de milliers d'innocents qui disparaissent sans laisser de traces dans les immenses étendues glacées de Sibérie. La famille de Sandra Kalniete ne sera pas épargnée. Sa mère, Ligita, a quatorze ans et demi lorsque, le 14 juin 1941, elle et ses parents sont emmenés. Son grand-père Janis est séparé des siens dès leur arrivée en Russie ; il mourra dans l'enfer des camps. La famille de son père Aivars connaîtra le même sort quelques années plus tard. Sandra est rentrée dans son pays en 1957. Elle n'avait que cinq ans mais jamais elle n'a oublié le regard de sa mère quand celle-ci a pu à nouveau fouler et sentir le sol letton. En escarpins dans les neiges de Sibérie raconte l'histoire bouleversante de sa famille et, à travers elle, celle de tout un peuple qui ne retrouvera sa liberté qu'en 1991.

Biographie de l'auteur

Sandra Kalniete, née en 1952 est une femme politique et femme de lettres lettonne
Elle est née à Togour dans la région de Tomsk en Sibérie soviétique où sa famille avait été déportée. Elle a raconté sa terrible enfance dans son livre biographique «En escarpins dans les neiges de Sibérie» : Je suis née au goulag le 22 décembre 1952 dans le village de Togour, district de Kolpachevo, région de Tomsk. Mes parents n'ont pas voulu offrir d'autres esclaves au pouvoir soviétique, je n'ai eu ni frère ni sœur. Nous sommes rentrés en Lettonie le 30 mai 1957.
De 1987 à 1988, elle fut secrétaire-générale de la Société des Artistes lettons
Figure de la lutte pour l'indépendance de la Lettonie, elle embrasse la carrière diplomatique à partir de 1990.
Elle est membre du conseil d'administration du think tank Les Amis de l'Europe, elle est également conseillère du think tank: la Fondation pour l'innovation politique.

Date première édition: février 2001

Editeur: Syrtes

Genre: Roman , Roman historique

Mots clés :

Notre avis : 8 / 10 (1 note)

Enregistré le: 21 août 2018



Gislaine
Appréciation de lecture
En escarpins dans les neiges de Sibérie
Appréciation : 8,5 / 10
Commentaire #1 du : 21 août 2018
J’ai apprécié la lecture de ce livre bien que le sort de cette famille soit insoutenable.

Sandra Kalniete est Lettone et maintenant députée européenne. Elle est née en 1952 en Sibérie où ses parents purgeaient une peine de relégation. Sa mère avait été déportée en 1941 à l'âge de 14 ans, son père en 1949 à 17 ans.

Pour écrire ce livre, Sandra Kalniete s'est appuyé sur les souvenirs et lettres de sa famille et sur les archives soviétiques consultables après 1991. Ce travail d'historienne met en parallèle le destin familial et l’histoire de la Lettonie.

Repères :
La Lettonie a acquis son indépendance en 1920.
La signature du Pacte germano-soviétique en août 1939 partage les territoires entre le Reich et l’URSS. Les troupes soviétiques s’installent dans les 3 pays baltes.
14 juin 1941 : répression et déportation en masse. Les grands-parents maternels et la mère de Sandra, Ligita Dreifelde, (14 ans) sont déportés en Sibérie région de Tomsk à 6000 km de Riga.
22 juin 1941 : l’Allemagne attaque l’URSS et envahit la Lettonie. Les hommes sont enrôlés et doivent se battre avec les Allemands. Déportation massive des juifs.
1944 : défaite des Allemands. L’URSS revient en Lettonie et déportent en Sibérie les traitres à la patrie. Le grand-père paternel est déporté en Sibérie.
Mars 1949 : Autre grande répression. Le père de Sandra, Aivars et sa grand-mère Milda sont relégués en Sibérie (comme 43 000 Lettons).

1994 : Réhabilitation de la famille de Sandra.

On ressort abasourdi par ces destins brisés, par tant de souffrance, de purges et d’extermination d’innocents.
A lire pour connaitre l'histoire terrible et méconnue de la Lettonie, indépendante depuis 1991.

Extrait page : 230
Les opinions des soviétiques et des nazis divergent uniquement sur « la solution finale ». La plus grande préoccupation du Reich était de savoir de quels moyens se doter pour accroître l’efficacité de la machine à tuer, afin d’exterminer le plus de personnes possible dans un délai très court.
Les tchékistes soviétiques, eux, pouvaient se permettre le luxe d’expérimenter combien de temps un ennemi de classe arrivait à survivre dans des conditions extrêmes ! Et quelle aubaine, un tel essai ne coûtait pratiquement pas un sou à l’État ! Au contraire ! Car tant que le « contingent » était vivant, il travaillait.
Les uns étaient donc occupés à vider une Europe « surpeuplée », tandis que les autres pouvaient opportunément, sans entraves et en catimini, investir les immensités infinies de la Sibérie. Seul problème pour le pouvoir soviétique : en dépit des conditions inhumaines qu’ils avaient imaginées avec tant de « générosité », une partie des relégués spéciaux réussissaient quand même à survivre. Il fallait donc reléguer à vie.
Dernière édition : 26 août 2018, 08:13:15 par moderateur  

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