La fonte des glaces - BAQUE Joel

Couverture La fonte des glacesLouis, un retraité taciturne, ancien charcutier, veuf à la vie tranquille et ordonnée, devient malgré lui une icône planétaire de l’écologie au terme d’un parcours commencé dans une brocante – où il découvre un manchot empereur pour lequel il va éprouver un irrésistible coup de foudre – qui se poursuit en Antarctique, puis dans le grand Nord et se termine dans le port de Toulon où Louis, juché sur un iceberg transporté là à grands frais par un fabricant de boissons à base de glace polaire fondue, devient un plaidoyer vivant, et contradictoire, contre la fonte de la banquise.
Dans ce roman, la fonte des glaces est celle de la banquise, comme on l’a vu, mais aussi celle d’un homme dont l’existence, jusqu’alors gelée, sans but, reprend son cours, un cours imprévisible, aventureux et mouvementé, drôle, mais grâce auquel sont aussi posées des questions importantes. Il est encore, ce roman, celui de l’épanouissement du grand talent de Joël Baqué, d’une écriture à la fois évidente, simple et riche, pleine de trouvailles. Il est aussi celui d’une imagination parfois joliment délirante, pleine d’humour et généreuse.

Biographie de l'auteur

Né en 1963 à Béziers, Joel Baqué est poête et romancier. Il vit et travaille en région parisienne. "Aire du mouton" est son premier roman publié chez POL.

Date première édition: août 2017

Editeur: POL

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 7.56 / 10 (9 notes)

Enregistré le: 31 mars 2018



pascale coulon
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #9 du : 24 septembre 2018
Il est des destins qui marquent les consciences.

Une fois la lecture achevée et refermé La fonte des glaces, on n’oublie pas de sitôt l’histoire de Louis, un charcutier toulonnais anonyme et placide dont la vie bascule au moment où il pensait attendre tranquillement la mort.

Les cinquante premières pages du roman font le récit de l’enfance de Louis, « conçu en terre africaine par une mère carcassonnaise et un père comptable », bercé par la chaleur puissante du continent africain et la douce chaleur de sa mère qui l’entoure comme elle peut de sa tendresse bienveillante. S’ensuit la mort de son père dans des circonstances pour le moins rocambolesques, la fin de la vie en Afrique, une adolescence à Carcassonne qui le fait passer de « petit Louis », comme l’appelle sa mère, à Fuck Dog Louis, un jeune homme à la silhouette hasardeuse qui écrit des chansons avec du « gros groove », l’obtention d’un CAP métiers de la viande avec félicitations du jury, et le mariage avec Lise, la fille de son patron boucher. Happy end.

Fin de l’histoire, ou presque.

Louise et Lise vécurent heureux comme des rois dans leur charcuterie de la rue Lavoisier. La description de leur bonheur conjugal tient sur trois pages mais laisse rêveur comme un ciel sans nuage. En revanche, ils n’eurent pas, malheureusement, beaucoup d’enfants puisqu’ils ne réussissent pas à en avoir.

Lise meurt rapidement. Louis s’invente alors une routine de retraité mutique et un peu déprimé, rythmée par de petites habitudes réglées comme du papier à musique. Le dimanche, il hésite entre un éclair au café et une religieuse au chocolat avant d’aller lustrer avec amour la tombe de Lise. Sa vie aurait pu s’arrêter là, à regarder filer les derniers jours de son existence comme les bateaux dans le port de Toulon.
Mais c’est compter sans une rencontre qui bouleverse sa vie.

Cette rencontre au sommet intervient au bout de cinquante pages.

Plus question alors de laisser le roman dans un coin. La description de la rencontre qui change à jamais la vie du retraité provincial intervient comme un détonateur.

On se prend au jeu immédiatement et, dès lors, impossible de lâcher le livre. L’auteur nous emmène dans une grande aventure surprenante. Louis, dans une brocante, est attiré par une armoire ancienne qu’il ouvre dans un grincement. Il tombe nez à nez avec une créature pour laquelle il a un coup de foudre immédiat.

Il s’agit d’un manchot empereur empaillé.

L’existence de Louis bascule pour toujours. Il se prend de passion pour le manchot empereur, troque ses petites habitudes de retraité contre de nouvelles, se met à fréquenter la bibliothèque municipale où il découvre Internet, se renseigne sur son nouveau compagnon au point de devenir spécialiste du sujet, se décide à lui offrir des congénères, transforme à grands coups de travaux son grenier en banquise reconstituée, s’équipe en conséquence pour pouvoir y pénétrer malgré le froid qui y règne à cause de la réfrigération qu’il y a fait installer, par la même entreprise qui lui avait installé la chambre froide de sa charcuterie des années auparavant.

Mais tout ça ne suffit pas, et Louis, peu à peu, devient obsédé par cette question : comment sauver le manchot empereur de la fonte des glaces ?

C’est pour la résoudre qu’il se rend en Antarctique où d’autres aventures non moins incroyables l’attendent encore. Louis va devenir une icône de la cause écologique, et reviendra à Toulon après bien des péripéties. Lui-même se laisse porter par son destin.

La fin est à l’image de l’ensemble du roman : inattendue mais pas surprenante.

En conclusion, une belle lecture à partager. Une très agréable écriture et une histoire à laquelle on ne s’attend pas. Et le lecteur aussi doit se laisser surprendre et se laisser porter sans jugement.
Joëlle
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #8 du : 04 juin 2018
Originale la rencontre d'un vieux Monsieur avec un manchot empereur dans l'encoignure d'une porte d'armoire. Un espoir dans la grisaille de sa vie, une grande cause. Et pour une grande cause les grands moyens
C'est un peu déjanté. Situation cocasse, peu déjantée, pleine d'humour.
La poursuite des chasseurs d'icebergs... une réalité aussi.
Félicie
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #7 du : 24 mai 2018
Qui n'aimerait pas être emporté par cette douce folie... un charcutier à la retraite, veuf et solitaire voit sa vie se transformer parce qu'un jour, chez un brocanteur, son regard a croisé celui d'un manchot empereur, et à, compter de ce jour là, l'aventure, la curiosité et la fantaisie vont mettre fin à sa petite vie étriquée.
J'ai aimé ce roman loufoque et poétique, plein de tendresse.
Gislaine
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #6 du : 10 mai 2018
Que c’est agréable de lire un roman original et intelligent !
Louis le personnage principal est un charcutier en retraite qui va être pris dans un tourbillon magistral jusqu’à en perdre pied.

L’écriture est élaborée, pleine d’humour et de créativité pour évoquer des problèmes graves comme l’environnement, le dérèglement climatique et la bêtise humaine. C’est une parenthèse littéraire très réjouissante.
De nombreux thèmes sont abordés et judicieusement documentés (le manchot empereur, les chiens de traineaux page 100, l’attitude de la bibliothécaire …).

A propos d’écologie voir l’article du monde en 2015 lors de la COP21 : Avec Olafur Eliasson, la banquise s’invite à Paris pour la COP21.
http://www.lemonde.fr/arts/article/2015/11/09/cop21-avec-olafur-eliasson-la-banquise-s-invite-a-paris_4806096_1655012.html

Extraits :
« Après avoir presque vidé les océans de leurs poissons, les hommes se tournent désormais vers l’eau elle-même, sous sa forme la plus bankable. Les icebergs capturés, répondait un chasseur d’icebergs à une question de la journaliste, ne représentent qu’un infime pourcentage de la masse de glace disponible et chacun devrait pouvoir boire l’eau préhistorique, c’est une question de démocratie. »
« Tout comme l'Inuit, le manchot empereur est un introverti. Aucun ne fait du tapage pour se sentir exister. Tous les deux sont des enfants du froid qui vivent dans un univers en sursis. »
Michel G.
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 7,5 / 10
Commentaire #5 du : 10 mai 2018
Joël Baqué a de l'humour, c'est certain.
Son livre est original et bien écrit. Les tribulations de Louis, charcutier en retraite, ayant un coup de cœur pour les manchots empereurs est cocasse.
Original donc et souvent loufoque, même si certains passages s'avèrent quelque peu "grandguignolesques".
En tout cas ce livre nous change de quelques uns de ses confrères à oublier bien vite dans la sélection livre France Inter...
POMAH
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #4 du : 23 avril 2018
quelle imagination déroutante et drôle sur fond de mesquinerie de l'auteur - Louis, si tranquille, va se métamorphoser au fil de ses explorations tardives - se battre jusqu'au sacrifice, croire à son combat, si vrai, si pur, essayer de combattre les tyranniques médias et les les rapaces financiers, jusqu'au bout - une façon détournée de nous montrer comment l'être humain se conduit ..
Marie-Claire
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #3 du : 14 avril 2018
Un retraité charcutier veuf s’ennuie dans son train-train quotidien.
Un jour, poussé par un élan irraisonné, il achète un manchot empereur empaillé dans une brocante.C’est le coup de foudre ! A partir de là, tout bascule !
Il s’entoure de manchots empereurs pour lesquels il aménage son grenier en banquise , après s’être documenté sur leur mode de vie.
Ensuite, il part en Antarctique, puis avec des chasseurs d’icebergs et enfin, il se retrouve chef d’un mouvement contre le réchauffement climatique, lui qui n’a aucun charisme, aucune fibre militante !
C’est une histoire complètement loufoque , dans un style plein d’humour, de jeux de mots .
Louis, les situations, tout est cocasse et c’est une manière originale de traiter de sujets sérieux. Un livre qui nous réjouit et ce n’est pas courant !
Michel-Henri
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #2 du : 11 avril 2018
J’ai aimé ce roman qui fait la part belle à la fantaisie débridée sur le mode fable car on peut en tirer une morale ou plutôt des morales. L’idée de prendre pour héros un paisible retraité, est ingénieuse . Elle permet de très bonnes pages humoristiques sur la biographie d’un quidam quelconque où l’on s’aperçoit qu’un vie ordinaire, c’est comme les fourmis de dix-huit mètres, ça n’existe pas.
Mais, malgré tout, il s’ennuie notre retraité et on sent très vite qu’il nous couve quelque chose d’extraordinaire, quelque chose qui devra donner un sens à sa vie, à la deuxième partie de sa vie, celle sans Lise, son épouse, qu’il aimait tendrement et passionnément.
Cette rencontre avec un manchot empereur m’a irrésistiblement fait penser aux Racines du ciel de Romain Gary. Je ne sais pas si l’inspiration est assumée par l’auteur mais en tout cas les mêmes ingrédients y sont. Un homme se prend de passion pour une cause et s’installe alors comme une ambiguïté : on ne sait plus si c’est la cause le plus important ou la passion, à moins que ce ne soit les deux. Peut-être les grandes causes ont-elles besoin d’hommes passionnés pour naître et certains hommes ont besoin de grandes causes pour exister.
On se demande bien de quel bois ils sont faits ces hommes ordinaires qui tout à coup sont prêts à tous les sacrifices, y compris d’eux-même, pour défendre quelque chose qui les dépasse et finira par les engloutir. Ce dont ils sont conscients dès le départ. C’est un choix assumé.
Beaucoup plus que dans le roman de Gary, il y a ici de l’ironie sur notre époque, sur la façon dont n'importe quel événement est transformé en une bouillie insipide par les médias qui s’emparent de tout en le déformant et le dévoyant pour faire de l’audimat et faire vendre.
CORRE CATHERINE
Appréciation de lecture
La fonte des glaces
Appréciation : 7 / 10
Commentaire #1 du : 09 avril 2018
Livre très original dénonçant la fonte des glaces, le mercantilisme (vendre des icebergs par exemple.
Bien écrit.
Par contre à des moments j'ai décroché mais il vaut le coup d'être lu.
.

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