J'apprends le français - ETCHEGOIN Marie-France

Couverture J'apprends le françaisDe cette expérience, elle tire un récit tout à la fois bouleversant et drolatique  : l’histoire passionnante et mouvementée d’un double apprentissage. Le sien puisqu’elle n’a jamais enseigné ni agit au quotidien auprès des migrants. Et celui de jeunes hommes, parfois illettrés, qui au terme d’un très long et terrible voyage, se retrouvent devant un tableau, confrontés à l’une des langues les plus difficiles du monde, dont ils n’ont jamais entendu un mot. Dans le huis clos de cette classe, ils disent à nouveau «  je  » et font entendre leur incroyable odyssée tandis que leur «  professeur  » invente sa méthode en s’efforçant d’éviter les maladresses.
Quand pour la première fois, elle a franchi les portes du centre d’hébergement d’urgence du 19eme arrondissement, près de chez elle, Marie France Etchegoin  savait seulement qu’elle voulait «  aider  » pour ne pas avoir «  à regretter de n’avoir rien fait  ». Elle n’imaginait pas que Sharokan,   Ibrahim ou Salomon lui en apprendraient autant sur elle-même et qu’à travers eux, elle allait redécouvrir la complexité et la richesse de la langue française et aussi ce qui, au fond, nous constitue et qui fait trait d’union au-delà des frontières : la force de la parole.

Biographie de l'auteur

Écrivaine, journaliste, auteure de nombreux essais, et ancienne rédactrice en chef de L’Obs, Marie-France Etchegoin s’est essayée au métier… de « professeur » pour des réfugiés venus d’Afghanistan, du Soudan, d’Erythrée, du Tchad, d’Ethiopie ou de Guinée. Depuis deux ans, elle leur apprend le français.

Date première édition: février 2018

Editeur: JC Lattes

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 6.75 / 10 (4 notes)

Enregistré le: 19 avril 2018



Gislaine
Appréciation de lecture
J'apprends le français
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #4 du : 05 mars 2019
C'est un livre très touchant et nullement larmoyant qui se lit facilement.

C'est le récit d'une expérience (l'enseignement) puis d'un échange avec des Afghans, des Éthiopiens, des Maliens ... qui ont tout perdu et souvent vécu l'horreur.

Conjugaison :
le Présent : C'est le plus facile : je m'appelle ... je vais à la préfecture pour les papiers
Le Passé : Il est douloureux : j'avais une famille ... j'étais en prison, j'ai été vendu ...
Le Futur : Il est incertain

Citation :
Nous avons perdu notre foyer, c'est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne. Nous avons perdu notre profession, c'est-à-dire l'assurance d'être de quelque utilité en ce monde. Nous avons perdu notre langue maternelle, c'est-à-dire nos réactions naturelles, la simplicité des gestes, l'expression spontanée de nos sentiments.

Un témoignage plein de sincérité ... à découvrir sans tarder
Michel-Henri
Appréciation de lecture
J'apprends le français
Appréciation : / 10
Commentaire #3 du : 25 janvier 2019
Dans ce livre témoignage, l'auteure fait partager son expérience de professeure bénévole dans un centre d'hébergement d'urgence pour immigrés.
Elle aurait pu tomber dans le misérabilisme mais elle a su éviter cet écueil et nous donne à voir de quoi est fait le quotidien de ces gens qui vivent entre peur du passé et crainte pour leur avenir. Elle nous montre avec beaucoup d'empathie leur formidable résilience et leur volonté de vivre malgré tout, eux qui n'ont rien, qui sont ballottés comme fétus de paille dans la géopolitique mondiale et les arcanes d'une bureaucratie kafkaïenne.
Elle nous montre aussi combien nous pouvons apprendre de ces migrants, comment à les fréquenter nos préjugés et nos œillères tombent et découvrir par-delà nos différences culturelles notre même humanité.

Citations :
« Je suis comme vous, je n’ai pas choisi ceux qui m’ont donné le jour, je n’ai pas choisi la terre qui m’a vue naître, je n’ai pas choisi la langue qui m’a été transmise. Seul le hasard fait que je ne les ai pas perdus. Vous, vous avez dû vous arracher à tout : à la mère et au père qui vous ont désigné, au sol où vous avez appris à parler, aux mots qui vous ont forgés. Vous n’êtes pas seulement privés de votre identité et de votre pays. Vous êtes privés du pouvoir de dire, coupés de votre « langue maternelle », « parentale », « natale », « première », peu importe comment on l’appelle, le résultat est le même. Il vous faut en faire le deuil et en apprendre une nouvelle, pas seulement des mots et une syntaxe mais aussi la manière dont ils organisent les choses et les êtres. Vous devez naître une deuxième fois. »

« Ce rituel apprend à dire je – JE, MOI, unique, irremplaçable, ici et maintenant, ce rituel apprend le verbe être, sans lequel on n’est rien, quels que soient la langue que l’on parle et le pays d’où l’on vient. Comment être quand on a tout perdu ? Comment être quand on se cherche encore ? Je revisite ces mots avec vous.
JE – SUIS, et le prénom qui nous a été donné. Trois mots collés ensemble et qui, selon la manière dont ils sont prononcés, divisent le monde en deux. Moi, je les formule sans avoir besoin d’y penser. Ils sont comme l’air que je respire, le pied que je mets en avant pour marcher, les yeux que je ferme pour dormir. Personne ne m’a jamais interdit de dire Je. Personne ne m’a jamais empêchée d’être, ou si peu. Je suis. Je suis l’amoureuse de mon mari. »
marie-claire
Appréciation de lecture
J'apprends le français
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #2 du : 17 décembre 2018
C’est un témoignage généreux, attachant parfois bouleversant de M.F. Etchegoin qui parle des migrants simplement , avec empathie .Apprendre le français, c'est aussi apprendre la vie des autres, leur incroyable périple, leur courage, leurs peurs, leurs désirs, leur dignité surtout mais c'est aussi apprendre de soi-même comme le dit si bien la journaliste .
A lire absolument pour comprendre la réalité de la condition de migrant sans tomber dans le misérabilisme
Patricia MB
Appréciation de lecture
J'apprends le français
Appréciation : 10 / 10
Commentaire #1 du : 19 avril 2018
J'ai dévoré ce livre :J'apprends le français de Marie-France ETCHEGOIN.

Une belle leçon de vie auprès des jeunes migrants d'aujourd'hui, ceux dont tout le monde parle, qui dérangent souvent, mais que personne ne connaît réellement.

Leur court passé, leur devenir incertain, leurs angoisses, puissant récit de réalisme qui chasse les idées reçues contre les migrants. Livre engagé et témoignage indispensable pour ceux qui ont dû s'arracher à tout.

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