Mon vrai nom est Elisabeth - YON Adèle

Couverture Mon vrai nom est Elisabeth

image : coup de coeurPrix littéraire du Nouvel Obs 2025 - Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Élisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. 
La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C’est à peu près tout. Les enfants d’Élisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n’en parlent pas à leurs enfants qui n’en parlent pas à leurs petits-enfants. “C’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c’était un non-sujet.”
 

"Mon vrai nom est Élisabeth" est un premier livre poignant à la lisière de différents genres : l’enquête familiale, le récit de soi, le roadtrip, l’essai. À travers la voix de la narratrice, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires, celles du poids de l’hérédité, des violences faites aux femmes, de la psychiatrie du XXe siècle, d’une famille nombreuse et bourgeoise renfermant son lot de secrets.

 

Biographie de l'auteur

Adèle Yon, née en 1994, enquête, écrit et cuisine.

Normalienne, chercheuse en études cinématographiques, c’est à l’occasion de sa thèse, intitulée "Mon vrai nom est Elisabeth. Enquête sur le double fantôme" (2024), au sein du laboratoire de recherche-création SACRe qu’elle se lance dans l’écriture.

Parallèlement, elle travaille à Paris et dans la Sarthe comme cheffe de cuisine.

Date première édition: février 2025

Editeur: Du Sous-sol

Genre: Roman

Mots clés :

Notre avis : 9 / 10 (3 notes)

Enregistré le: 26 avril 2025



Gislaine
Appréciation de lecture
Mon vrai nom est Elisabeth
Appréciation : 8 / 10
Commentaire #3 du : 18 février 2026
C'est un livre bouleversant, mais maladroit.

Dans la famille, personne ne parle de Betsy, cette arrière-grand-mère Elisabeth née en 1916 et qui a été considérée comme schizophrène. Elle a subi tous les traitements qui existaient à l'époque et un séjour de 17 ans à l'hôpital de Fleury les Aubrais. Dans les années 50, la psychiatrie n'avait pas la maturité d'aujourd'hui. Les femmes devaient obéissance à leur mari (ou père) et s'occupaient essentiellement des enfants et corvées du foyer. Betsy, à cet égard, était plutôt rebelle et en avance sur son époque.

L'autrice mène l'enquête. Elle veut percer le mystère de la maladie de Betsy, briser la chape de plomb qui enferme cette famille catholique, bourgeoise et militaire et savoir si elle aussi court le risque de devenir "folle" génétiquement parlant.

L'ouvrage est à mi-chemin entre récit de vie et recherche médicale. Parfois, c'est un peu déroutant, car on sent que l'autrice cherche à "malmener" le lecteur par des descriptions appuyées et négatives, comme si la réalité n'était pas suffisante. Certaines réflexions m'ont choquée car purement gratuites, par exemple : "je pénètre dans les plaines de Beauce. Chaque village a un nom affolant. Je les ai tous oubliés. Sur le moment, ils me font l'impression d'une succession de synonymes du mot Déprime.", les personnes qui l'accueillent en font aussi les frais (remarques sur le physique) ..., plus loin dans le livre, elle travaille en cuisine et découpe les porcs et dit "Je me demande si la lobotomie a une odeur”...

Bref, un désagrément de lecture qui assombrit le récit. Je me demande si quelqu'un a relu ces quelques chapitres ?

Roman-essai pour adulte. Personne sensible s'abstenir.
NKONGUE CATHERINE
Appréciation de lecture
Mon vrai nom est Elisabeth
Appréciation : 10 / 10
Commentaire #2 du : 25 juin 2025
L'autrice mène une enquête très fouillée sur son arrière grand mère , Betsy qui a été étiquetée de schizophrène.

Elle va rencontrer des membres de la famille de cette dernière, éplucher des archives hospitalières, consulter des lettres échangées entre Betsy et son mari.

Grâce à cette recherche très fouillée se déroule l'histoire de la psychiatrie en particulier à l'hôpital de Fleury les Aubrais, le changement des soins opéré vers 1970 où les prises en charges deviennent médicalisées.
Les personnes hospitalisées en psychiatrie deviennent des malades qu'on écoute.
Betsy , hospitalisée depuis 17 ans sortira de l'hôpital grâce à ces progrès.

C'est un livre très documenté, remarquable et très humain parce que l'autrice ne craint pas de révéler ses émotions et son intérêt personnel pour cette recherche.
Christine
Appréciation de lecture
Mon vrai nom est Elisabeth
Appréciation : 9 / 10
Commentaire #1 du : 20 mai 2025
Il s'agit d'un récit "enquête" de l'autrice autour de son arrière-grand-mère surnommée Betsie.

Autour de celle-ci, beaucoup de mystères et de zones d'ombres, il se disait qu'elle était schizophrène.

Adèle Yon enquête donc auprès des membres de sa famille et de certaines institutions psychiatriques afin de redonner corps à son arrière-grand-mère et de tenter de comprendre d'où venait cette crainte de devenir folle chez les femmes de sa famille et elle-même.

Récit roman très touchant et riche en questionnements et recherches pour tenter de mettre en lumière l'histoire de cette femme Elisabeth.

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