Le Tour du jour en quatre-vingts mondes - CORTAZAR Julio
Les histoires de Julio Cortázar s’inscrivent dans une grande tradition classique de la littérature fantastique. Mais chez lui, contrairement à ses prédécesseurs, pas de fantômes, pas d’ambiguïté : les histoires les plus élaborées ne tendent pas vers l’abstraction, elles gardent – et c’est leur mystère – la vitalité du quotidien. Cortázar s’inscrit aussi dans la tradition surréaliste du «merveilleux quotidien», du mystère de la réalité qu’il est réservé au poète de percer derrière les apparences, dans un état de rêve éveillé ou de transe. Il est ce voyant qui extrait l’insolite de la banalité, l’absurde de la logique, le prodigieux de l’ordinaire. L’extrême dépouillement du style ne peut qu’ajouter à l’illusion de la facilité. Ces histoires si simples à lire atteignent un sommet de la sophistication : l’alliance imprévisible du jeu, de la folie, de la poésie et de l’humour.
« Dans les quatre-vingts mondes de mon tour du jour il y a des ports, des hôtels et des lits pour les Cronopes», dit-il. Il y a surtout des citations et des références à tout ce et à tous ceux qu'il aime et qu'il nous propose de regarder et d'écouter comme si nous les rencontrions pour la première fois : Aragon et Armstrong, Georges Bataille et Adolf Wôlfli, Lester Young et Man Ray, Neruda, Poe, Dickens, mais aussi un chat qui porte le nom d'un philosophe allemand et finit, à sa façon, par entrer en religion, une mouche qui vole pattes en l'air, une poupée éventrée et des personnages de romans indignés face au comportement irresponsable de leur auteur-inventeur.
Biographie de l’auteur
Né en 1914 à Bruxelles, de parents argentins, Julio Cortázar a passé son enfance et son adolescence en Argentine. Enseignant, puis traducteur, il a vécu ensuite plus de trente ans en France, pays dont il prit finalement la nationalité. Il est mort à Paris le 12 février 1984.
Date première édition: octobre 1967
Editeur: Gallimard
Genre: Nouvelle
Mots clés :
Notre avis : aucune note
Enregistré le: 10 mars 2014